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CARRIÈRE & ENTREPRISE / Entrepreunariat / Non classé

Entrepreneuriat : êtes-vous trop pressé, tout terrain ou utopiste ?

A l’heure où tout le monde se rêve entrepreneur(e) et ou plusieurs personnalités et organisations s’érigent en écoles de pensées et lancent moult programmes d’accompagnement, il demeure, je pense, important de départager les entrepreneurs selon leur motivation réelle, d’abord. Et surtout selon les efforts fournis et les sacrifices consentis.

Car il est une chose de vouloir se lancer… et une autre de pérenniser votre activité.

De nos jours, et parce que c’est un peu dans l’air du temps, l’entrepreneur(e) cherche peut-être un peu trop à se faire voir et connaître – à grand renfort de personnal branding – ce qui pourrait lui faire manquer de lucidité quant aux véritables enjeux : faire vivre et voir croître son entreprise.

L’étape du tronc commun

Au démarrage de l’activité, nos 3 profils se confondent. Tous et toutes, dans la grande majorité, remuent ciel et terre pour se lancer. Souvent sans argent et sans réseaux, ils cherchent avec les moyens du bord “à régler un problème”, “à trouver des solutions” face à une situation donnée. Ici, on ne pense pas encore forcément à faire du profit, on veut déjà que ça marche… et que les premiers clients, les premiers usagers soient au rendez-vous. Tous, pour la plupart, se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale pour apporter un changement. Certains chercheront ensuite à rentabiliser leur innovation (!) et d’autres trouveront tout à fait normal de continuer à rendre ce service accessible, mais sans chercher à le pérenniser ! Ou d’autres, trop pressés, voudront dès à présent vivre la BIG LIFE en mode accéléré.

Les utopistes

“Inventeurs des temps modernes”, ils/elles ne cherchent pas du tout à s’enrichir grâce à leur projet, à leur entreprise. Si tout le monde en voit le potentiel financier, eux se focalisent d’abord sur le concept, la raison d’être et chercheront à “prêcher la bonne parole ” pour éduquer et rendre ce service accessible, parfois même à perte. Ils/elles sont mus par une passion, une mission et se jettent à corps perdu dans ce qui alors paraît à ce stade improbable. Ils ont une vision et se lancent seuls, modestement mais avec assurance. La plupart parviendront à “disrupter” leur environnement, poussés justement par cette absence de limites que procure la fougue et l’envie altruiste de rendre service.

Car c’est bien de cela dont il s’agit ici : faire de l’argent mais juste assez pour changer le quotidien, offrir des alternatives et voir le besoin exprimé ou ressenti désormais satisfait.

Il y a 10 ans, en me lançant sans formation préalable dans la création des espaces Elle Émoi, je faisais partie de cette catégorie là : les visionnaires et grands rêveurs. Et, à force de travail et d’abnégation, mon équipe et moi avons pu rendre le rêve possible pour plusieurs autres.

Minielle Mansour

Le talon d’achille de cette catégorie là c’est qu’à force de foncer tête baissée et de débroussailler le terrain pour les autres, ces entrepreneurs, s’ils ne s’entourent pas rapidement d’autres compétences complémentaires, s’essouffleront plus vite et ne prendrons pas le temps de voir plus loin, pour préparer l’avenir. Si vous vous reconnaissez dans ce profil ci, vous allez devoir apprendre à vous entourer : car ensemble on va plus loin, dit l’adage !

Les trop pressés

Cette catégorie ci aura démarré comme les autres. Mais, face à l’engouement suscité et à la pression de l’entourage, ils/elles se retrouveront bien vite à faire des investissements déraisonnables et à miser d’abord sur les apparences. En cédant – bien souvent – à la pression de l’entourage qui, dans nos pays place “le paraître” au dessus de toute logique, beaucoup d’entrepreneur(e)s – choisiront de projeter une fausse image de l’activité de leur projet/entreprise. En choisissant de faire de dépenses de prestige à l’heure où il faut encore pouvoir se serrer la ceinture pour ne pas alourdir inutilement l’activité avec, par exemple, des loyers excessifs, une décoration luxueuse ou des équipements hors de prix, cette catégorie d’entrepreneurs sera tenté d’amorcer sa phase de croissance en projetant l’image du succès… comme pour forcer le destin.

Le talon d’achille de cette catégorie là c’est d’abord de comprendre que la rentabilité d’un business n’est jamais acquise dès l’ouverture. Il y aura certes de belles rentrées – si tout se passe bien. Mais les gains des premières années devraient d’abord servir à sécuriser l’activité en soldant d’éventuels crédits, en sécurisant l’activité en recrutant un personnel plus compétent et mieux payés pour accompagner le développement du business, entre autre.

Les tout terrain

On les juge souvent très mal… les trouvant trop zélés. Ceux sont les “bons élèves”, celles et ceux qui suivent les recommandations à la lettre et qui lisent tout ce qu’ils trouvent. Ils avancent plus lentement que les premiers, et sont beaucoup plus économes que les seconds. Ils cherchent d’abord à valider leurs connaissances et ont très vitre trouvé leur mentor pour discuter de leurs impressions du secteur, des segments et sous segments du marché à conquérir, des premiers investissements à faire. Avec eux, on ne badine pas avec l’étape du business plan qu’ils feront le plus simple possible, pour pouvoir l’ajuster et le faire évoluer.

Le talon d’achille de cette catégorie là et bien je le cherche encore ! En bonne fonceuse, j’ai longtemps regardé cette catégorie d’entrepreneurs du coin de l’œil, les trouvant un peu trop “frileux”. Je pense aujourd’hui important de saluer leur “prudence” et leur grande sagesse. Car voyez-vous, au début, il est certes important de pouvoir être driver par la passion et l’envie de “régler un problème”. Mais une fois que c’est fait, il faut aussi savoir se projeter.

Selon mon expérience personnelle, la première catégorie concerne les gens comme moi que j’appelle “les entrepreneurs du dimanche” (ou du vendredi selon notre religion). Ils/elles cherchent à se lancer pour des raisons altruistes, pour rendre service et satisfaire un besoin. Mais ils auront du mal à réaliser à temps qu’il faut aussi penser à rentabiliser cette activité ou à creuser l’écart avec la concurrence. L’entrepreneur du dimanche est en fait un bon samaritain. Il/elle se lance d’abord pour faire du social et non pour gagner de l’argent.

Il y a 10 ans, mon entreprise lancée et leader de son marché, je n’ai pas cherché à consolider mes acquis et me suis même permise de “confier” mon affaire, un peu trop vite.

Penser à demain? Rester alerte ? Surveiller l’horizon et me dire que peut-être qu’un jour on chercherait à faire comme moi ou mieux que moi ? Cela ne m’intéressait pas. Après tout, je gagnais mon argent ailleurs (j’ai fait – comme beaucoup d’autres – de longues études universitaires qui m’ont permis d’exercer mes compétences à l’étranger… ça aurait été dommage de ne pas en profiter) et ne parvenais pas à considérer mon activité autrement que comme un hobby.

Minielle Mansour

Imaginer, ne serait-ce un moment que la concurrence pourrait venir de l’intérieur : de clientes inspirées par mon activité et tentées de faire pareil, ou d’employées suffisamment formées pour chercher à elles aussi se lancer ? Cela ne me dérangeait pas plus que cela, et je prenais d’ailleurs les ouvertures de salons de mes anciennes coiffeuses avec une assez grande fierté. Après tout, si sans qualifications particulières, j’avais réussi à en faire des “employeurs” et non plus des “employées”, ma mission était accomplie. C’était une grave erreur. Mais moins dangereuse pour le business que la seconde catégorie.

Si j’avais été “une tout terrain”, j’aurai cherché à rationaliser mon activité plus tôt et à faire un peu moins dans les sentiments. Car à force d’avoir pensé et repensé leur modèle et d’en avoir parlé, de l’avoir ajusté, ils/elles cherchent moins à régler “un problème” et plutôt à mettre en place un modèle économique suffisamment stable pour générer des revenus constants et amorcer sereinement la phase d croissance.

Il n’est certes jamais trop tard pour passer “d’entrepreneurs du dimanche” à “entrepreneurs de terrain”. Mais il faut déjà pouvoir accepter de faire beaucoup moins dans le sentimentalisme et à penser “BUSINESS” comme me le disait souvent un vieil ami. Une fois que vous aurez accepter de revoir vos priorités et de chercher à faire, sans aucune honte, du chiffre, vous pourrez vous aussi vous enorgueillir de pouvoir parler de votre marché comme personne, car le connaissant sur le bout des doigts !

C’est en tout cas tout ce que je vous souhaite 😉

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