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CARRIÈRE & ENTREPRISE / Spiritualité

Il y a 15 ans, ma vie a changé : témoignage.

J’inaugure, avec ce texte reçu d’une amie, une longue série de témoignages de lectrices et de femmes de mon entourage qui souhaite partager avec tous leurs expériences de vie. Et, surtout, la manière dont leur FOI et l’acceptation du Décret divin, leur a permis de passer à travers des épreuves difficiles.

Aujourd’hui et pour la première fois, j’ai décidé de partager publiquement mon histoire. Si j’en suis venue à mettre de côté ma  » pudeur » ou timidité » pour parler ouvertement d’un pan important de ma vie, c’est surtout pour inciter d’autres à franchir le pas en écoutant cette voix intérieure en nous qui nous souffle qu’en chacune de nous, sommeille un génie.

Je m’appelle Mame Fatou et suis maman de deux filles qui font ma joie, ma force et ma fierté et pour qui je me bats inlassablement. Je suis titulaire d’une maîtrise en anglais depuis les années 2000. Malheureusement, je n’ai pas pu profiter de ce sésame comme je l’aurais souhaité car juste après l’obtention de mon diplôme, ma vie a basculé suite à une grave maladie dont je porte encore les séquelles.

En effet, cela fait plus de 15 ans que j’ai perdu l’audition. Je souffre, plus précisément, d’une surdité bilatérale à prédominance droite. Inutile de dire que le choc fut grand pour moi de passer de personne entendante à une fille sourde. Le début a été des moments traumatisants même si j’ai eu la chance d’être bien entourée et épaulée par la famille et les amis. Pour cela, je ne les remercierai jamais assez, ceux et celles là qui n’hésitèrent pas à mettre de côté leur occupations et préoccupations pour m’apporter réconfort et soutien pendant ces moments tumultueux pleins d’incertitudes et de doutes. Dieu a mis sur mon chemin des personnes merveilleuses qui supportent sans broncher mes caprices. Qui m’aiment et m’acceptent comme telle. Qui répondent toujours présentes quand j’ai besoin d’elles. J’étais une étudiante pleine d’ambitions, qui nourrissait de grands rêves et me voilà devenue soudainement handicapée, moi dont la tête était emplie de projets les uns plus audacieux que les autres.

Mais tout devient « facile » quand on s’arme de Foi. On accepte alors le décret divin avec sérénité et on décide d’aller de l’avant. Mon premier pas vers l’avant fut donc de continuer les études et de soutenir mon mémoire de maîtrise pour prouver que mon handicap ne m’a en rien privée de mon intelligence. C’est comme cela que j’ai pu soutenir avec brio mon mémoire de maîtrise et fus autorisée à m’inscrire en D.E.A Ce fût une grande fierté pour moi car le passage en D.E.A n’était pas automatique.

Mame Fatou

Pour ce faire, il fallait répondre à des critères de sélection très stricts. Cependant, mon enthousiasme fut de courte durée. Je n’avais pas un appareil auditif adapté à ma surdité sans compter le manque de soutien criard de la part des autorités administratives. J’ai dû arrêter les études et enterrer mon rêve de doctorante . Et survinrent alors les regrets d’avoir choisi une filière littéraire au lieu d’une formation professionnelle qui me garantirait ou me faciliterait l’accès à l’emploi.

Au moment où j’écris ces lignes, je ressens cette fierté et cette joie qui laissent soudainement place à la peur lorsque les enseignants de mes enfants me félicitent pour leurs capacités littéraires. Au fond de moi, je me demande quel sort le destin leur réserve en suivant peut être le même parcours que le mien.

Mame Fatou

J’ai été séduite par la pertinence d’un texte que j’ai trouvé sur le compte Facebook de Madame Minielle et la clairvoyance de son auteure :


 » À mon avis, l’un des plus sérieux problèmes de l’Afrique réside dans le fait que tous ses fils cherchent à devenir des cerveaux . Tout le monde veut pouvoir faire de longs discours et rivaliser avec les mots… Les travaux manuels ? Réservés aux gueux et aux pouilleux… à ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller sur les bancs et que la société aura tôt fait de traiter d’ignares et d’écervelés. Arrêtons de chercher à ne former que des intellectuels et poussons les plus jeunes vers les travaux manuels…car pour se construire, un pays a surtout besoin de gens qualifiés qui savent mettre la main à la pâte et construire avec leurs mains…pas avec  » pourtant, avec un peu de chance… On ne pas être tous bien dans un même domaine. Encourageons nos enfants dans les domaines où ils excellent ou aiment vraiment au lieu de vouloir coûte que coûte les faire entrer dans notre moule, les former à notre propre image. Arrêtons surtout de faire comme tout le monde. Si tout le monde devient vendeur, qui produira ce qu’on va vendre ? « 

Minielle mansour

Trouver du boulot fut un autre calvaire pour moi. Je constate avec amertume qu’il n’y a pas dans ce pays, une bonne politique d’écoute et d’insertion professionnelle pour les personnes vivant avec un handicap. J’ai trainé de services sociaux en services sociaux avec, pour la plupart, des promesses sans lendemain. J’ai même essuyé, à la limite du mépris de la part de certaines personnes qui travaillent dans le social et dont le rôle devrait être de nous guider, de nous orienter et surtout nous apporter le soutien nécessaire. Ceux qui devraient faciliter notre insertion sociale et professionnelle surtout sont les premiers à douter de nos capacités. J’ai déposé dans pas mal de structures et pour la plupart j’ai été contactée pour un entretien. Mais dès que, par soucis d’éthique et d’honnêteté, je parle de mes soucis auditifs, ils deviennent vite sceptiques. Je n’ai pas baissé les bras pour autant. Et c’est à force de persévérance et de patience que j’ai pu travailler en tant qu’institutrice dans deux écoles privées et ensuite comme professeur d’anglais et de français dans d’autres écoles, toujours dans le privé.

Mais encore là, j’ai dû arrêter d’une part pour des raisons personnelles, d’autres parts, pour des raisons d’exploitation. Oui osons le dire, beaucoup d’employeurs exploitent leur personnel en exigeant des heures folles pour un salaire misérable. Mais il y aura toujours des personnes qui accepteront ces conditions car n’ayant pas d’autres alternatives. Cela fait deux années que j’ai quitté définitivement l’enseignement. J’ai fait ça et là pas mal de petits boulots histoire de ne pas croiser les bras et de joindre les deux bouts. Mon rêve a toujours été d’ouvrir un cabinet de traduction ou une école privée. Mais là encore je me suis heurtée au problème financier et à celui de la rentabilité en ce qui concerne le cabinet. Avec l’Internet et Google traduction, les gens ont tendance à renoncer à faire appel aux professionnels du métier. Chose que je déplore beaucoup car ce qu’ils ignorent, sans doute est que Google ne donne pas toujours la bonne traduction car il ne prend pas toujours en compte certains paramètres. Quant à l’école, hormis aussi le côté financier, j’ai vite fait de me rendre à l’évidence vu le nombre impressionnant d’écoles qui foisonnent actuellement dans le pays. Néanmoins, dans un coin de ma tête, je nourris toujours ce rêve. Mais en devenant freelance en traduction, je peux dire que j’ai réalisé en quelque sorte mon rêve de devenir traductrice. Grâce à ma détermination, à la confiance et aux encouragements des uns et des autres, je me suis lancée dans la traduction en devenant freelance avec des retours positifs.

Je n’oublierai jamais ce jour où Houreye Thiam une sœur et amie m’a contactée pour me dire qu’elle a remis mes coordonnées à une dame qui cherche une traductrice pour la version française de son livre. La surprise et la peur furent mes premières réactions. Traduire un texte, oui, des documents toujours acceptable car j’en avais l’habitude. Mais un livre ? C’etait pour moi une autre paire de manche. Mais devant les encouragements et insistance de cette dernière, mes doutes s’effacérent pour céder la place à une parfaite assurance. Voilà ce qu’elle me dit :  » je sais que tu en es capable. Je te fais confiance. Le seul conseil que je te donne c’est d’être professionnelle. »

Mame Fatou

J’ai suivi ses conseils à la lettre. Ce qui m’a valu les félicitations, remerciements et encouragements des co-auteures. Après quelques errances à la recherche d’un boulot stable, je décidai de tâter le terrain de l’entrepreneuriat grâce à un petit financement. Cette première tentative fut désastreuse. J’ai commis l’impertinence et l’imprudence d’accorder ma confiance à des gens qui ne le méritaient pas. Ce qui est positive dans cette mésaventure c’est que j’ai compris, qu’en affaires, il ne faut jamais y aller avec les sentiments, en affaires, il faut être égoïste parfois. Aujourd’hui encore, j’ai décidé d’entreprendre avec en bandoulière, ma première expérience. Et j’exhorte les femmes à devenir entreprenantes en exploitant leur potentiel. De pas écouter ceux ou celles qui doutent d’elles ou de leurs capacités. Il faut toujours s’entourer de personnes positives qui nous incitent à dépasser nos limites et avoir confiance surtout en nous.

La réussite ne fera peut être pas en un tour de bâton magique . Il faudra beaucoup de patience et surtout accepter de sortir de sa zone de confort et mouiller le maillot. La réussite est au bout de l’effort. Aujourd’hui, je m’active dans la vente de thiouraye (encens) et je compte diversifier mon activité si Dieu le veut. Récemment, je suis devenue amoureuse des cheveux  » naturels » ou non frisés grâce à une belle rencontre virtuelle en la personne de Minielle. Sait on ce que demain nous réserve ? Peut être bien qu’un jour, j’ouvrirai un salon de coiffure et de beauté, ou mieux un complexe de beauté qui abritera un salon de coiffure, un salon de couture ou une boutique de prêt à porter pour femmes avec tous les accessoires nécessaires pour faire rejaillir naturellement la beauté féminine from top to toe. Une boutique qui deviendra une référence et d’où il sera impossible de sortir sans y avoir trouvé son bonheur.

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